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Au Conseil de Paris, le 9 décembre, je suis intervenu pour demander qu’un Audit des Finances de la Ville de Paris soit rendu obligatoire après les élections municipales : c’est une exigence de transparence démocratique que nous devons aux Parisiens :

« Madame la Maire,
Mes Chers Collègues,

L’examen du budget 2020 de notre collectivité est un moment essentiel qui nous permet à tous de remettre en perspective l’action et les politiques municipales. Cet exercice est facilité par le nouveau statut de Paris qui en fusionnant la commune et le département a rendu plus lisible, plus compréhensible notre périmètre d’intervention. Comme beaucoup de métropoles, de villes monde – même si Paris par son nombre d’habitants apparaît comme une petite métropole – Paris a vu progressivement ses politiques se diversifier en direction de nouveaux publics, de territoires ou d’activités qui n’étaient pas historiquement dans ses priorités. Les temps changent certes, de nouvelles problématiques apparaissent, les financements croisés ou complémentaires se développent, générés par le désengagement financier de l’Etat et le mille-feuille territorial.

Si nous n’y prenons pas garde, mes Chers Collègues, l’accueil des Jeux Olympiques dans un peu plus de quatre ans pourrait nécessiter des apports complémentaires des collectivités organisatrices…si l’Etat ne les assume pas ou n’est pas en mesure de le faire ! A cet égard l’accumulation des chantiers en Ile-de-France engendre déjà une inflation des coûts de construction ! Qu’en sera-t-il si la filière du bâtiment reste sous tension ou si certains équipements voient leur calendrier glisser comme nous pouvons le craindre dès maintenant avec le stade nautique dont la Métropole à la charge.

Il convient donc de mener un audit complet sur la dette, l’état des finances et sur la capacité budgétaire qu’aurait notre Ville à dégager des moyens de manœuvre. Afin de faire face à des dépenses non prévues aujourd’hui mais qui nous seraient dictées par les évènements.

En effet, nous pensons que quelles que soient les ides de mars, cet audit s’imposera à la nouvelle municipalité.  Nous vous proposons de l’acter dès aujourd’hui – et c’est l’objectif de l’amendement que nous proposons au vote de l’assemblée en acceptant évidemment qu’il soit partagé par le plus grand nombre. Afin de lancer l’appel d’offres pour que la nouvelle équipe – sortie des urnes – dispose rapidement, dès après son élection, d’un tableau de bord opérationnel.

Dans le climat de défiance que nous connaissons tous et qui nourrit la suspicion de certains de nos concitoyens, le refus de toute autorité chez d’autres, la réalisation de cet audit – qui donnerait lieu à un débat au Conseil de Paris et à une « présentation citoyenne » agirait dans l’autre sens, celui de la restauration du lien de confiance indispensable entre les élus et les citoyens.

Mieux dépenser l’argent public, s’interroger sur son utilisation, sur les buts assignés et les objectifs atteints, évaluer l’efficacité des politiques mises en œuvre, développer le contrôle interne et les audits. S’assurer enfin que l’argent consommé correspond bien à l’essence de la politique municipale et en contrôler l’usage. Sommes-nous sûrs que nous n’avons pas dans ce domaine des progrès à faire, des exemples à suivre, des interrogations à avoir.

Alors que beaucoup de nos concitoyens doutent du bon usage des deniers publics, contestant ou peinant à acquitter leurs cotisations fiscales, ne devons-nous pas répondre à leurs légitimes questions…

Comment et pour quelle politique nos impôts locaux et les dotations de l’Etat sont-ils dépensés ? Qu’en est-il de leur progression ? De leur emploi ? Quelle est la trajectoire de la dette à court et à long terme ? Quels sont les moyens et les effectifs consacrés à l’entretien de l’espace public et quelle est l’évolution constatée sur la mandature ? Quel est le montant et la liste des subventions accordées aux associations et quels sont les contrôles et les retours d’expérience effectués… Les réponses à ces légitimes questions sont de nature à renforcer la confiance des Parisiennes et des Parisiens, à restaurer les liens distendus avec leurs élus.

Cette exigence de transparence non seulement nous est demandée, mes Chers Collègues, mais elle nous oblige, quelle que soit, notre appartenance politique ou notre devenir personnel.

Avec les Parisiens, je la partage et je souhaite que vous la partagiez également ! »

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