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Avec 8,5 milliards de dettes pour un budget global de 9 milliards en 2020, la situation financière de Paris semble plus que préoccupante. Pourtant, l’air semble bien léger dans les couloirs de la mairie centrale. Si les adjoints successifs d’Anne Hidalgo ayant la charge des finances considèrent que l’endettement de Paris pour chaque habitant reste mesuré en comparaison aux autres villes, ils oublient de souligner que cet endettement a fortement progressé car la dette de notre ville a été multipliée au minimum par huit en vingt ans (évoluant ainsi de 800 millions à près de 8,5 milliards) tandis que nous assistons à un reflux du nombre de résidents depuis ces dernières années !

 

Toutes les alertes ont viré au rouge car nous atteignons une capacité de désendettement de plus de douze ans. Au même moment, une autre grande entité comme la Région Ile-de-France voit ses ratios s’améliorer de façon notable avec aujourd’hui une capacité de désendettement ramenée à moins de six années et une dette légèrement supérieure à 5 milliards d’euros et ce, pour une population six fois supérieure.

 

La capacité d’équilibre du budget de notre ville atteint donc ses limites. Pour masquer cette quasi-banqueroute, la Mairie a utilisé des ressources quasi exceptionnelles qui aujourd’hui dopent le budget. Ce sont par exemple les loyers capitalisés des bailleurs, l’externalisation du stationnement ou mieux le niveau record des droits de mutation – près de 1,5 milliard attendu en 2019 contre un milliard en 2015 – soit au total presque un milliard de ressources supplémentaires. Mais après ce tour de passe-passe dangereux, les caisses seront vides et la supercherie découverte.

 

La vérité est d’oser affirmer, comme je le fais dans mon livre Une Certaine Idée de Paris, que la Municipalité sortante n’aura pas eu le respect que chaque élu doit aux deniers publics. Car cet argent, c’est le vôtre, celui de vos enfants. C’est le sacrifice des contributions fiscales pour le bien commun, le fruit de votre travail que vous ne dépenserez pas personnellement. Cet argent confié à la collectivité à laquelle vous appartenez pour gérer l’espace public devrait être utilisé avec prudence et pertinence.

 

Est-ce le cas dans la capitale ? Poser cette question est déjà un début de réponse. Les Parisien(ne)s ont-ils le sentiment d’une bonne gestion de leur ville ?

Les Parisiens commencent à ouvrir les yeux : ils ne sont plus de 19 % à souhaiter  sa réélection, dans un sondage publié récemment.

 

Les équilibres budgétaires sont aujourd’hui fragiles alors que se profilent de grands défis comme la rénovation des transports publics et le financement des Jeux Olympiques qui approchent chaque jour davantage. Paris se retrouve avec une situation financière dégradée telle que chaque petit Parisien naissant est déjà endetté à hauteur de 2 300 euros !

 

La question budgétaire ne peut plus être passée sous silence aujourd’hui. Elle est la pierre angulaire de toutes les autres politiques publiques que nous devrons mettre en œuvre demain avec efficacité et esprit de responsabilité.

 

Avec une réelle volonté de réforme, avec une sage gestion afin de diminuer les coûts de fonctionnement pour stabiliser puis réduire l’endettement de la ville, je crois possible de rendre aux Parisiens et Parisiennes ce qui leur revient.

 

Nous devons leur rendre du pouvoir d’achat, avant la fin de la prochaine mandature,  à travers une baisse de leurs impôts locaux et du coût des services municipaux, tout en investissant pour l’avenir dans des projets du quotidien en matière d’espace public et d’offre médicale, de sécurité dans tous les arrondissements, au plus près des leurs.  

 

 

Vous pouvez compter sur moi.

 

 

 

Jean-Pierre Lecoq,

Maire du 6e arrondissement,

Conseiller régional d’Ile-de-France 

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