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GRAND PARIS : 3 LEVIERS SUR LESQUELS AGIR
POUR AMELIORER LES CONDITIONS DE VIE QUI SE DEGRADENT A PARIS

Paris et la Région Ile-de-France collectionnent les premières places : 1ère région économique d’Europe, leader européen en recherche & développement, 1er parc immobilier d’entreprises, 1er PIB d’Europe, 1ère région pour le développement des startups en Europe, 1ère destination au monde pour les rencontres d’affaires.
Notre région a su également profiter du Brexit qui a permis la création de 3 500 à
5 000 emplois directs et 10 000 emplois indirects. Tous ces indicateurs pourraient nous conduire à la satisfaction mais, malgré ce dynamisme, beaucoup reste à faire.

LE LOGEMENT PARISIEN, CONDITION SINE QUA NON DE SON ATTRACTIVITE
À Paris et en petite couronne, la population s’est remise à diminuer, en particulier chez les jeunes couples des classes moyennes qui quittent la capitale face au coût du logement. Le manque d’espace et la rareté de l’offre immobilière sont les premières causes du départ des jeunes cadres et de la baisse d’attractivité de l’Ile-de-France. Suite d’une insuffisance chronique dans la construction de logements pendant des années de gouvernance socialiste, la pénurie a mené à l’explosion des prix du foncier parisien.
Ces cinq dernières années, la capitale a perdu chaque année près de 2500 enfants scolarisés dans le 1er cycle de l’enseignement public. Ce chiffre dépassera les 3000 enfants en 2018, avec une situation plus préoccupante encore dans les arrondissements de l’Est parisien où le prix du mètre carré a augmenté de plus de 250% en dix ans. Cet étalement urbain jusque dans les régions périphériques dégrade rapidement les conditions de vie, générant du stress et de la fatigue.

LES TEMPS DE TRANSPORTS DETERIORENT LA QUALITE DE VIE FRANCILIENNE
Depuis l’élection de Valérie Pécresse, laRégion Ile-de-France a engagé un énorme effort de modernisation des transports en renouvelant massivement les trains et les bus. Ce sont ainsi 700 nouvelles rames et 1000 bus supplémentaires qui rouleront à la fin du mandat sur les lignes franciliennes.
Mais il nous faut aller plus loin pour répondre aux exigences des Parisiens et des Franciliens, et faciliter leur vie quotidienne, tout en améliorant la qualité de l’air dans la région capitale. Les dernières décisions d’Anne Hidalgo en la matière n’ont fait qu’accentuer l’urgente nécessité d’agir. La piétonisation des voies sur Berges qui entrave la circulation, alors même que 64h par an sont déjà perdues dans les embouteillages par les automobilistes franciliens, n’a fait que déplacer le bruit et la pollution. Pour pallier l’incapacité de la maire de Paris, Valérie Pécresse a lancé dès 2016 un grand Plan Air qui propose des solutions alternatives et innovantes pour limiter les émissions quotidiennes.

UN MEILLEUR PARTAGE DE COMPETENCES
A supposer qu’elles voient le jour, les réformes envisagées par le gouvernement pour simplifier le mille-feuille territorial dans la région capitale doivent obéir à une vraie exigence de simplification. Gageons qu’elles se fassent sans querelles partisanes et avec pour seule ligne de mire l’amélioration du quotidien des Parisiens et des Franciliens.
Face à cet impératif, et guidés par la nécessité d’utiliser au mieux l’argent public alimenté par les contributions fiscales des habitants et des entreprises, nous affirmons que :
À Paris, il est devenu impératif que les mairies d’arrondissement disposent des compétences en matière de gestion de l’espace public (propreté, voirie et sécurité) ainsi que la gestion du personnel qui y est affecté, ce qui n’est pas le cas actuellement, avec les résultats malheureux que l’on connaît dans la capitale. Premier échelon de proximité, les maires d’arrondissement connaissent mieux que quiconque les contraintes et les difficultés des habitants de leurs quartiers. Leur avis devrait être bien plus souvent entendu.
La Métropole du Grand Paris doit s’effacer au profit des intercommunalités et de la Région Ile-de-France. Ce n’est pas là une affaire de personnes mais de structures : l’absence de moyens financiers de la Métropole la rend otage de la Ville de Paris alors même que le fait métropolitain dépasse largement la frontière du périphérique: cela l’a donc privé de tout résultat tangible. Aujourd’hui la Métropole du Grand Paris n’a pu se doter d’un plan de circulation pourtant vital dans la gestion des déplacements et la lutte contre la pollution.
Chacun l’a compris et le constate: c’est sur le périmètre de la région capitale – et grâce à son bras armé Ile-de-France Mobilités – qu’une véritable politique des transports et des déplacements peut être définie, financée et conduite. La réalisation dans les délais – et notamment pour accueillir les Jeux Olympiques de 2024 – des lignes du Grand Paris Express ainsi que du CDG sera évidemment essentielle à cet égard. Nous attendons donc avec sérénité, espoir et exigence, les décisions du Gouvernement qui influenceront de façon définitive notre avenir proche, afin que la gouvernance de Paris et de la région capitale soit sensiblement simplifiée. L’amélioration du quotidien des Parisiens et des Franciliens est à ce prix.

Jean-Pierre Lecoq,
Maire du 6ème Arrondissement de Paris
Conseiller régional d’Ile-de-France

Novembre 2018

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