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SE LOGER A PARIS : UN PARI A RELEVER

Une situation qui s’est fortement aggravée.

Ne nous cachons pas les yeux : après plus de 18 ans de gestion de la capitale et les trois mandats de Bertrand Delanoë et d’Anne Hidalgo, la situation du logement est dramatique.

Trois chiffres le prouvent de manière irréfutable : le prix du m², le nombre de demandeurs de logement et la diminution de la population parisienne.

Aujourd’hui, le prix moyen du m² des appartements anciens ressort à plus de
9 600 € et le seuil des 10 000 € sera vraisemblablement franchi cet été, ce qui correspond à une hausse annuelle de 6 % et donc sur 10 ans de 62,5 %.

Déjà plus de la moitié des arrondissements dépassent le seuil symbolique de
10 000 € le m² et le 11e devrait être le prochain à le franchir.

Une forte responsabilité de la Municipalité dans cette situation

En raison de la faible construction dans le secteur privé (500 en moyenne depuis 10 ans et 441 en 2018 !) et de la politique de préemption de la Ville qui accélère la hausse des prix, les Parisiens n’arrivent plus à se loger !

Le fichier régional des demandeurs de logements –auprès duquel on doit renouveler sa demande chaque année- recense entre 200 000 et 240 000 demandeurs de logement et avant qu’il soit réformé, le fichier parisien tangentait les 150 000 demandeurs, beaucoup d’entre eux renonçant d’ailleurs à se réinscrire….

Plus de 60 % de ces demandeurs de logement étant éligibles à un logement social, alors que le taux de rotation annuel est de l’ordre de 4 %, le faible nombre de logements disponibles conduit à une éviction de plus en plus forte des familles à revenus moyens et notamment des jeunes couples avec enfants.

En réalité et nous le dénonçons, Paris voit sa population se scinder entre d’une part les catégories aisées et d’autre part les plus aidées qui ont accès à un parc social créé artificiellement.

Comme le reconnaissent des spécialistes aussi différents que Michel Mouillard, professeur d’économie ou les sociologues Pinçon-Charlot, la gentrification de la capitale est en marche et le bilan de la gauche municipale est dans ce domaine désastreux !

En achetant des immeubles entiers dont la plupart des appartements sont occupés, la majorité municipale en place depuis 2001 a contribué à cette hausse délirante des prix tout en créant réellement un faible nombre de logements sociaux. Par ailleurs sa politique de préemption d’appartements au sein des copropriétés a aussi asséché le parc locatif privé, augmentant son prix par ricochet, comme le rappelle le porte-parole de la Chambre des notaires de Paris-Ile-de-France, Thierry Delessalle .

En outre, la Ville n’a pas hésité à faire des appels d’offres sur les rares charges foncières disponibles, ce qui a poussé à la hausse le prix de sortie du m² des quelques opérations neuves mises sur le marché.

Si l’on y ajoute le développement fulgurant de la location touristique de courte durée, on ne s’étonnera pas que Paris se soit remis à perdre de la population depuis plus de 4 ans : on ne vit plus dans certains quartiers, on ne fait qu’y passer. Le chiffre le plus marquant est la baisse du nombre d’enfants scolarisés dans le 1er degré public (2 500 enfants chaque année depuis 5 ans), qui franchira la barre des 3 000 enfants à l’automne !

Alors que peut faire une nouvelle majorité dans ce domaine, alors que Paris reste une ville petite (à côté des grandes métropoles mondiales) enserrée dans son périphérique ?

Elle doit, nous le pensons, agir dans toutes les directions pour freiner la baisse de la population, enrayer la hausse spéculative des prix et améliorer la qualité de vie des Parisiennes et des Parisiens.

Relancer la construction privée à Paris, reconvertir en logements les surfaces de bureaux vides, rénover le parc social locatif et cesser les achats d’immeubles occupés du parc privé, ou d’appartements isolés en copropriétés : telles sont les mesures qui pourraient enrayer la hausse des prix et proposer une alternative sérieuse aux Parisiens des catégories moyennes.(2)

Dans le domaine de la lutte contre les abus de la location touristique, il est essentiel de dissuader les propriétaires concernés avec davantage de fermeté que ne le fait la majorité la Municipalité actuelle !

C’est bien l’ensemble des politiques municipales qui doit être réexaminée avec l’objectif principal de mieux maîtriser le coût du logement pour les Parisiens et les Parisiennes afin qu’ils continuent à y vivre, à y travailler, et à aimer leur ville.

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