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JO 2024 : des dépenses examinées à la loupe
La Présidente de la Région Ile-de-France a nommé Jean-Pierre Lecoq à la tête d’une commission chargée d’auditer les dépenses générées par l’accueil des prochains JO.

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2018/05/11/25001-20180511ARTFIG00140-jo-2024-pecresse-veut-eviter-tout-derapage-des-deniers-publics.php
JO 2024: Pécresse veut éviter tout dérapage des deniers publics
• Par Christine Ducros
• Publié le 11/05/2018 à 12:48

LE SCAN POLITIQUE – En février dernier au Stade France, Emmanuel Macron insistait pour qu’élus et organisateurs veillent au respect des deniers publics. La présidente de la Région Ile-de-France crée, elle, une commission qui aura vocation à auditer en temps réel, les dépenses générées par l’accueil des JO en 2024.
Mieux vaut prévenir que guérir… La lettre de mission rédigée le 25 avril 2018 par Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France est claire: il faut éviter un éventuel dérapage financier lié à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.
Aussi, demande-t-elle dans sa missive à Jean-Pierre Lecoq, conseiller régional LR, et maire du 6ème arrondissement d’animer une commission rassemblant des élus, des experts et des personnalités qualifiées «pour auditer régulièrement les dépenses générées par l’accueil de cet événement exceptionnel sur le territoire francilien. Car, écrit-elle, un siècle après les premiers Jeux de Paris, leur préparation doit être exemplaire dans tous les domaines et notamment sur le plan budgétaire». Elle redoute, «les effets détestables que les dérapages auraient dans notre pays».
Une inquiétude légitime quand on sait que l’enveloppe des pouvoirs publics pour cet événement planétaire devrait tourner autour d’un milliard d’euros sur un budget total fixé à prés de 7 milliards d’euros.
Lors d’une visite fin février à Saint-Denis, Emmanuel Macron avait d’ailleurs lui-même insisté sur la nécessité d’une «transparence absolue sur le dossier». En clair, pas question d’exploser le budget.
Vigilance sur le Stade nautique
Favorable au JO franciliens de 2024 depuis le début, Jean-Pierre Lecoq ne prend pas l’affaire à la légère: «En liaison avec Jean-François dit-il, on auditionnera les acteurs en présence, on posera toutes les questions et on ne se contentera pas d’exposés lénifiants» prévient-il, craignant que «cinq semaines de jeux correspondent ensuite à 50 ans d’endettement pour les Franciliens».
Pour lui, depuis que le monde est monde et que les Jeux existent, il y a toujours eu «une variable» entre le budget initial des JO arrêté quasiment 10 ans avant et, le budget auquel on arrive le jour de l’inauguration. «L’argent public est de plus en plus rare. Nous devons éviter les fiascos financiers vécus par Athènes ou le Brésil». Les Jeux de Tokyo 2020 lui donnent raison. Ils présentent à ce jour, un budget qui serait du double des prévisions de la candidature.
Lecoq pense donc bien sûr aux installations, au village olympique, à la rénovation du Stade de France mais aussi à la sécurité. «Comment imaginer aujourd’hui ce que sera ce budget. Les Jeux doivent être sûrs, c’est une évidence, une priorité. Nous serons vigilants mais ce n’est pas facile d’évaluer aujourd’hui ces dépenses-ci», relève-t-il.

Autre interrogation: le fameux stade nautique de Saint-Denis évalué à ce jour entre 100 et …180 millions d’euros ..presque du simple au double! Or, avec l’État, la ville de Paris, le département, la région sera le principal contributeur public. Là encore, Lecoq a l’intention d’avoir son mot à dire. «La métropole n’a pas de financement, l’agglomération pas beaucoup, le département est pauvre, la participation de la région sera donc importante».
L’élu imagine par exemple, qu’au lieu d’une installation «monstrueusement belle et moderne», on puisse concevoir «un complexe avec une piscine qui sera utilisée ultérieurement par la population de Seine-Saint-Denis, bénéficiaire des sites après les jeux et, une autre partie de l’installation nautique «provisoire, démontable».
Il s’interroge aussi sur la façon dont les spectateurs seront acheminés sur les sites si les travaux du Grand Paris Express prenaient du retard. «Allons-nous devoir réquisitionner des norias de camions et d’autobus, si c’est le cas ,ce ne serait guère écologique» pointe-t-il.
Avant la création de cette commission, un rapport préparé par un groupe d’experts (hauts fonctionnaires issus de l’Inspection générale des finances, de l’inspection générale de la Jeunesse et des sports et du conseil général de l’environnement) avant même que Paris ne soit choisi à Lima, évoquaient déjà les risques réels de dépassement de budget, voire de retards dans la construction. Ses auteurs recommandaient de prendre des décisions rapides, sous peine de voir le projet partir en dérapage.

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