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UNE VISION PARTAGEE DE LA METROPOLE DU GRAND PARIS AU SERVICE DES PARISIENS

Le débat que nous avons aujourd’hui sur le Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) vient opportunément devant notre Assemblée puisqu’il permet, alors que de nombreuses échéances se profilent, de faire le point sur les relations et les enjeux qui lient la capitale à la Métropole du Grand Paris.

Nous le faisons à un moment crucial puisque presque un an après la tenue de la Première Conférence des Territoires voulue et organisée par le Président de la République, la Métropole du Grand Paris se trouve à la croisée des chemins.
Dotée par la loi de nouveaux pouvoirs à compter du 1er janvier 2018 en matière environnementale (qu’il s’agisse de la pollution de l’air, de la maîtrise de l’énergie ou de la prévention des inondations), la Métropole du Grand Paris faute des moyens financiers et humains nécessaires n’a pas aujourd’hui la faculté d’avoir une véritable politique, alors qu’elle est dotée d’attributions essentielles.
La preuve de cette inopérance nous l’avons à travers la convention de gestion (SG 34) par laquelle la Métropole du Grand Paris délègue à la Ville de Paris, ses attributions sur le territoire de la capitale.

Quels que soient l’affabilité et le sens du dialogue de son Président loués par tous, quelles que soient les qualités de nos nombreux collègues issus de tous les groupes de notre Assemblée qui siègent depuis 2 ans comme conseillers métropolitains, la Métropole du Grand Paris telle qu’elle existe aujourd’hui est une Métropole « croupion », une métropole transparente, un OVNI mal identifié.
Il est donc temps mes chers collègues que nous soyons fixés sur l’avenir de la Métropole, sur son périmètre, sur ses attributions et sur les moyens qui lui seront alloués.
S’agissant du périmètre et des attributions qui sont liés et qui conditionnent les moyens à mettre en œuvre, une chose est sûre : le statu quo n’est pas possible.

Faute de moyens, la Métropole du Grand Paris dépend des 131 communes qui la constituent et subit le poids prédominant de la capitale.

Selon le vieil adage, « Qui paye, commande », la Métropole du Grand Paris est en génuflexion permanente devant Paris, ce qui signifie qu’elle reste sans voix devant certains projets mis en œuvre par Paris et qui ont un intérêt métropolitain ou régional avéré.

La fermeture sans préavis des voies sur berge rive droite au nom d’un intérêt louable (la lutte contre la pollution) aurait mérité un débat d’une toute autre ampleur que la consultation partielle et bâclée qui a eu lieu.
Alors que les mesures de circulation s’empilent à Paris sans aucune vision d’ensemble et sans aucun plan cohérent, une vision métropolitaine de ces questions s’impose naturellement.
Les transports en commun dépendant de la Région par l’intermédiaire de l’ancien STIF, devenu Île-de-France Mobilités, la Métropole Région s’impose logiquement.
Qu’il s’agisse du RER, du métro, du Grand Paris Express demain ou des routes, c’est au niveau de la Région capitale que les problèmes pourront être réglés.

Certes les plaines des Yvelines, du Val d’Oise ou les zones vertes de la Seine et Marne ne font pas partie de la zone dense qui correspond à l’actuelle Métropole.
Mais c’est dans toute l’Île-de-France qu’habitent ceux et celles qui travaillent dans la zone dense. C’est donc au niveau régional que doivent être traités la pollution atmosphérique, les problèmes de transport et la lutte contre les inondations.

C’est aussi à ce niveau que doivent être appréhendées les questions d’urbanisme et de logement afin de freiner l’étalement urbain, tout en offrant à tous ceux qui travaillent à Paris et pour Paris -mais qui sont chassés par la hausse des prix enregistrée depuis 10 ans- une alternative à un exil de plus en plus fréquent au-delà des frontières de l’Île-de-France.

Il nous faudra donc mes chers collègues aller beaucoup plus loin que les simples orientations du SCOT que nous approuvons aujourd’hui.

Conseil de Paris
Septembre 2018

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