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Inauguration de l’allée Denise Vernay dans les jardins de l’Observatoire

Le 10 octobre Jean-Pierre Lecoq a rendu hommage à Denise VERNAY-JACOB en inaugurant une allé à son nom dans les jardins de l’Observatoire.

Madame la Maire, Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Nous voici rassemblés dans ce très beau jardin dit de l’Observatoire ou du Petit Luxembourg -aujourd’hui Esplanade Gaston Monnerville- pour honorer la mémoire de Denise Vernay.

Nous le faisons à quelques dizaines de mètres de son domicile où elle vivait avec son époux le grand journaliste Alain Vernay où elle éleva ses
3 enfants aujourd’hui à nos côtés, où elle accueillit ses petits enfants.

Nous le faisons à un moment, chère Catherine Vieux-Charier, où tous ceux et celles qui -ont connu la résistance, les arrestations, la torture suivie d’exécutions ou de la déportation avec son cortège de souffrances et d’horreurs- disparaissent.

Ils nous quittent en nous laissant la tâche particulièrement difficile de transmettre, d’expliquer… expliquer l’indicible pour que les générations suivantes se souviennent, n’oublient pas, pour que certains ne soient pas tentés –comme cela a été trop souvent fait – de travestir, de nier, de défigurer la réalité de cette période tragique de l’histoire de notre pays.

Pendant trente ans, on a oublié, souvent occulté la vérité. Certes, ceux qui étaient revenus voulaient se reconstruire, fonder une famille mais trop souvent ils se heurtèrent au scepticisme voire à l’hostilité de nombre leurs compatriotes…

La volonté de reconstruire la France, de ressouder les Français épuisés par les rigueurs de l’occupation puis par la reconstruction aboutirent à un roman national où ses pages les plus sombres n’occupaient pas la part qui leur revenait. Il fallut attendre l’entrée de Jean Moulin au Panthéon puis les travaux entrepris par les époux Klarsfeld pour que l’entreprise d’asservissement et d’extermination mise en place par les nazis apparaisse dans toute son ampleur.

Ne pouvant épurer une haute administration qui s’était beaucoup compromise dans la collaboration, le Général de Gaulle fit croire aux Français qu’ils avaient tous résisté.

Certes, la résistance passive d’une partie de la population fut notable mais, nous le savons, ceux et celles qui participèrent activement à la Résistance ne furent qu’une poignée !

Denise Vernay-Jacob était de celle-là. Engagée dans la Résistance à 19 ans, elle en fut une figure emblématique dont les motivations tenaient en deux mots : patriotisme et civisme.

Éclaireuse chez les scouts qui lui donnent le surnom de « Miarka », elle est « Annie » comme agent de liaison au sein de la branche lyonnaise des MUR –Mouvements Unis de la Résistance– particulièrement actifs dans toute cette région.

C’est au cours d’une de ces missions qu’elle est arrêtée le 19 juin 1944.

Internée dans la sinistre prison de Montluc, elle est interrogée, torturée mais elle ne parle pas.
Déportée à Ravensbrück, elle échappe à la mort par miracle à la libération des camps et rentre en France.

Elle y apprendra le destin tragique de ses parents et de son frère même si elle a le bonheur de retrouver ses deux sœurs.

Comme tant d’autres déportés, le retour à la vie fut difficile, mais c’est par la famille et les enfants qu’elle a eu le bonheur d’avoir avec Alain Vernay, qu’elle peut se reconstruire.

Toujours fidèle à ses camarades de déportation, à l’origine avec elle de la Fondation de la Mémoire de la Déportation, Denise Vernay a toujours veillé à entretenir des liens avec ses camarades de déportation et à honorer le souvenir des disparus.

Mesdames et Messieurs,
Au-delà des mots que nous prononçons aujourd’hui dans ce magnifique jardin, que restera t-il dans quelques années de ces actes, de ce courage indomptable dont Annie-Miarka a su faire preuve comme Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Marie-José Chombart de Lauwe ou Annie Postel-Vinay ?

Il est de notre devoir, Mesdames et Messieurs, d’en transmettre la mémoire inlassablement comme Denise Vernay n’a cessé de le faire toute sa vie durant.

Avec vous Madame, avec tous les membres –petits et grands- de cette belle famille française, avec toutes celles et tous ceux qui l’ont aimée, je m’incline devant la mémoire de cette figure emblématique de la Résistance Française.

Jean-Pierre Lecoq
Maire du 6e arrondissement
Vice-Président du Conseil départemental de Paris
Conseiller régional d’Ile-de-France

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