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Conseil de Paris : intervention de Jean-Pierre Lecoq sur l’enseignement supérieur

Lors de la séance du Conseil de Paris du 8 novembre, Jean-Pierre Lecoq est intervenu sur le thème de l’enseignement supérieur.

Madame la Maire, mes chers collègues,

Cette communication sur l’Enseignement Supérieur est bienvenue car elle concerne un sujet majeur pour Paris : son avenir et son attractivité internationale.

Paris, comme toutes les grandes métropoles, doit être une ville universitaire, une ville où les étudiants côtoient les Professeurs et les Chercheurs.

La modernisation des universités et des écoles parisiennes, la création de nouvelles implantations dans Paris ou à proximité immédiate tout comme les politiques de logement ou de santé y participent pleinement.

Si pendant plus de trente ans, l’Université française avait été laissée à l’abandon, un rattrapage évident s’est produit à l’aube des années 2 000, amplifié sous le dernier quinquennat par l’action de Valérie Pécresse.

Même s’ils les ont ralenties, les gouvernements Ayrault et Valls ont globalement maintenu les orientations adoptées en matière de regroupement d’universités et de schémas immobiliers.

Paris y a toute sa place mais il convient d’y consacrer toute son énergie car ces opérations sont complexes, longues et coûteuses. Elles peuvent aussi être retardées voire remises en cause par des décisions extérieures ou par des coalitions d’intérêts particuliers.

Ainsi, Madame la Maire, nous sommes excessivement inquiets quant au devenir de Paris-Condorcet, pôle du regroupement sur le Nord Parisien de Paris1 et de Paris 4 qui doivent y trouver de nouveaux équipements.

Or, l’implantation du Centre de premier accueil humanitaire que vous avez voulu s’effectuera sur les terrains du campus Condorcet.

Même si Marie-Christine Lemardeley tient des propos apaisants, comment pouvons-nous croire que cette structure s’évanouira dans 18 mois ? Alors qu’il est impératif que les travaux démarrent début 2018 pour ne pas voir tout le calendrier prévu par le CPER s’effondrer comme un château de cartes.

Le second écueil qui menace Paris-Condorcet et qui pourrait même remettre en cause les fondements du regroupement envisagé, c’est l’utilisation que fera l’Etat dès le printemps prochain de l’immeuble du 54 boulevard Raspail.

Ancien siège de l’EHESS, occupé partiellement par la Maison des Sciences de l’Homme, il est aujourd’hui totalement désamianté et bientôt intégralement rénové.

Si le gouvernement par faiblesse accepte qu’il soit à nouveau occupé par les Chercheurs en Sciences Sociales de l’EHESS, s’en est fini de la réalité du projet Condorcet !

Jamais vous ne les ferez quitter le bar du Lutetia pour rejoindre la Porte de la Chapelle !

Plus sérieusement, c’est toute la politique de rationalisation des implantations universitaires qui serait mortellement atteinte, permettant à chaque Président d’université de remettre en cause selon son bon vouloir, les décisions antérieures.

Sur le 54 boulevard Raspail, une clarification s’impose rapidement : Paris 2 et Paris 4 ont des besoins urgents de locaux et l’EHESS a vocation à rejoindre Paris-Condorcet.

Mes Chers Collègues,

Dans le domaine de l’immobilier universitaire, le temps est une composante essentielle : s’il permet d’étaler les investissements, il autorise aussi certains à organiser la résistance, voire à combattre ouvertement certains projets.

De ce point de vue, s’agissant du site des Cordeliers, où en est-on, Madame la Maire Adjointe, de la dévolution de ce site à Paris 5 comme le bon sens le commande ? Rejoignant d’ailleurs les conclusions de la mission commandée par votre prédécesseur, Monsieur MISSIKA.

Paris 6 a eu droit à une rénovation fastueuse et a récupéré sur le site de Jussieu, les locaux de Paris 7 : il serait justifié qu’elle abandonne définitivement au cours de cette mandature, le site des Cordeliers, et ceci même si Paris 5 et Paris 6 se retrouvent dans un groupement commun.

S’agissant de Paris 5, où en est la rénovation du site des Saints-Pères ? Entamée il y a plusieurs années, elle semble s’étirer démesurément faute de locaux-tampon qui constituent certes une contrainte logistique, mais qui évitent bien souvent une rénovation à petit feu, qui à terme s’avèrera ruineuse.

A cet égard, la rénovation/restructuration de la Faculté de Pharmacie retenue au titre des priorités parisiennes par Mme Fioraso, voit son calendrier glisser, alors d’ailleurs que la totalité des crédits nécessaires ne sont pas encore inscrits et que la nécessité de créer une « Cité du Médicament » est évidente.

Madame la Maire,

Votre communication n’en pipe pas mot, mais comme dans la plupart des domaines municipaux, l’action de l’Etat est essentielle pour que Paris reste une Capitale universitaire.

Si notre ville accompagne l’action de l’Etat ou la supplée sur certains sites, elle reste déterminante pour l’immobilier ainsi que pour les contours de l’enseignement dispensé, pour l’orientation des étudiants et les modalités d’accès à l’Université.

A cet égard, permettez-moi d’aborder un sujet qui n’émeut personne mais qui constitue dans notre pays toujours prompt à condamner… une véritable source d’inégalités.

Je veux parler du régime différent existant pour les écoles d’ingénieurs et les facultés, et d’autre part pour les écoles commerciales et professionnelles.

Certes, cette dissociation a toujours existé, mais elle s’est passablement renforcée sous l’effet de l’alourdissement des frais de scolarité. Il est d’ailleurs cocasse de voir des étudiants se mobiliser contre l’élévation des frais d’inscription en Fac, alors que c’est justement l’ouverture illimitée de certaines filières qui nécessitera un jour que des décisions courageuses soient prises.

Un mot maintenant sur le logement étudiant et sur la politique volontariste du CROUS que je salue et qui a contribué indéniablement à améliorer la vie des étudiants à Paris.

Certes, le parc de logements du CROUS s’est fortement agrandi en une décennie, mais combien de chambres de service ont disparu pendant la même période sous l’effet de la loi SRU et de l’envolée des prix à Paris qui, je vous le rappelle, a doublé entre 2001 et 2011.

Il est donc toujours aujourd’hui très difficile pour un étudiant de se loger à Paris ainsi que dans la petite couronne.

Si Paris veut conserver son statut de ville dédiée à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche, il doit s’y consacrer sans relâche et mobiliser toutes les forces publiques et privées qui veulent s’y consacrer.

Je vous remercie.

Jean-Pierre Lecoq
Maire du 6e arrondissement
Vice-Président du Conseil départemental de Paris
Conseiller régional d’Ile-de-France

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