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Inauguration de la place Mireille et Jacques Renouvin

Jean-Pierre Lecoq a inauguré la place Mireille et Jacques Renouvin le samedi 26 mars en présence notamment de Bertrand Renouvin et des membres de la famille.

Madame la Maire,
Monsieur le Chancelier de l’Ordre de la Libération
Mesdames et Messieurs les Présidents et Représentants d’associations,
Mesdames et Messieurs,
Cher Monsieur Fleutot, Cher Bertrand Renouvin,

La Ville de Paris souhaite rendre hommage non seulement à ceux et celles qui ont participé à sa libération, mais aussi à ceux qui ont animé, dirigé et souvent donné leur vie pour lutter contre le régime de Vichy et l’occupant nazi.

Contrairement à l’hagiographie d’après guerre et à ce qui a été longtemps véhiculé pendant près de 40 ans, la Résistance Française ne s’est pas confondue avec la population française.

Composée au début de quelques milliers de personnes, la Résistance s’est renforcée à l’été 1941 avec l’apport des communistes.

La France était divisée : l’immense majorité de la population, assommée par les privations de toute sorte, par l’absence de beaucoup d’hommes prisonniers dès 1940 ou réquisitionnés par le STO, survivait dans l’angoisse et la pauvreté. Une minorité collaborait activement avec l’occupant et une autre minorité luttait dans la clandestinité. Jacques RENOUVIN fut un de ces Français.

Militant de l’Action Française jusqu’en 1934, il rompt avec son mouvement au moment des Accords de Munich pour devenir l’avocat intransigeant d’une politique de fermeté.

Sa volonté de combattre l’expansionnisme nazi ne le quittera plus. Des combats désespérés de 1940 où il s’illustra avec bravoure jusqu’à sa disparition dans l’enfer concentrationnaire, Jacques RENOUVIN d’abord seul, puis avec sa jeune épouse Mireille, fut un combattant déterminé de la liberté.

Issu de l’Action Française, fervent catholique, royaliste convaincu, Jacques RENOUVIN illustre la diversité de la Résistance Française qui rassembla des Français de toutes confessions, de toutes origines sociales et de tous les partis.

Jacques RENOUVIN est issu d’une famille d’origine normande qui réside au 7 rue Bonaparte. Son père Georges y a créé une entreprise de fabrication de meubles et de rénovation d’appartements qui prospère.

C’est dans ce milieu aisé que naît Jacques RENOUVIN, le 6 octobre 1905. Il a 2 frères dont Pierre l’aîné de 15 ans sera un héros de la Grande Guerre et jouera un rôle décisif dans l’éducation patriotique de son frère cadet avant de devenir le célèbre professeur d’histoire spécialiste de la Première Guerre Mondiale.

Pendant ces années d’après guerre marquées par l’insouciance et la joie de vivre, Jacques est un lycéen puis un étudiant en droit engagé qui parcourt le Quartier Latin, participe à ses Monômes et à ses débats enfiévrés.

Il commence à militer à l’Action Française où il croise de futurs compagnons de la Résistance : Pierre de Bénouville et les frères Camaret. Il participe à tous les chahuts et bagarres décidés par Léon Daudet et Charles Maurras.

A son retour du service militaire, affilié à la Section d’Action Française du 6ème arrondissement, il est nommé délégué adjoint des Camelots du Roi. Sa première action d’éclat sera l’accueil qu’il réserve, gare de Lyon, avec ses camarades, au nonce apostolique, lui reprochant ses complaisances avec l’Ambassadeur d’Allemagne. Il crie« Nonce espion à Berlin ».

Sa seconde action d’éclat, ce sera au moment des accords de Munich. Ulcéré par la démission et la faiblesse du gouvernement français, il refuse de toute son âme ce qu’il considère comme une capitulation devant l’Allemagne hitlérienne.

Pierre-Etienne Flandin, comme la majorité de la classe politique, considère lui que les Accords de Munich sont les bienvenus et adressent un télégramme de félicitations à Hitler qui d’ailleurs le remerciera…

S’en est trop pour notre brillant et jeune avocat. Flandin effectuant un dépôt de gerbe sur la tombe du soldat inconnu le 14 novembre 1938, Jacques RENOUVIN le gifle à deux reprises.

Ainsi de fait dès 1930, devant la montée des périls, Jacques RENOUVIN est entré en Résistance. Patriote convaincu, il ne va plus s’arrêter !

Mobilisé en septembre 1939, avec les corps francs, il participe à de rudes combats dans les Vosges. Blessé, fait prisonnier, il s’évade et rejoint la zone libre.

A l’automne 1940, il s’engage au Mouvement Liberté d’essence démocrate chrétienne dans la région de Montpellier, rejoint ensuite par de nombreux intellectuels.

Mais Jacques RENOUVIN passe à l’action : s’inspirant des Corps Francs militaires et des actions des Camelots du Roi, il va entraîner ses premiers camarades -rassemblés dans des Groupes Francs- dans des actions directes contre les collaborateurs.

Avec son premier adjoint Roger Nathan qui est juif et franc-maçon, il organise des kermesses qui consistent simultanément, en plusieurs points d’un territoire, à commettre des actions de sabotage ou à interdire des réunions de propagande.

Dans un premier temps, les actions consistaient à déstabiliser, à ridiculiser les collaborateurs pas à les tuer.

Très vite, les Groupes Francs réussissent des actions d’éclat qui les rendent célèbres dans toute la France.

Un de ses plus beaux coups d’éclat fut le sabotage en 1942 de tous les trains qui devaient converger vers Paris pour le Congrès du PPF de Jacques Doriot.

Mais l’occupation de la zone libre en novembre 1942 change la donne.

Henri Frenay, chef de combat, décide que les Groupes Francs se consacrent à la destruction des trains, des usines fabriquant du matériel militaire ainsi qu’à la lutte contre la Gestapo et ses séides.

Mais la répression s’intensifie et les mouvements de résistance qui se développent intègrent aussi sans le savoir des indicateurs et des traitres.

Après avoir échappé pendant deux ans à la Gestapo, il est arrêté en gare de Brive, le 29 janvier 1943. Le même jour, son épouse Mireille, enceinte de leur fils Bertrand -présent aujourd’hui à nos côtés- est arrêtée à Tulle au domicile parental.

Transférés tous les deux à Limoges puis à Fresnes, ils auront le bonheur de se revoir quelques instants en franchissant ensemble la porte d’entrée de la prison de Fresnes.

Torturé longuement avenue Foch, à l’isolement pendant 6 mois, il est déporté à Mauthausen, un des camps de concentration les plus sévères et les plus durs.

Il y mourra d’épuisement le 24 janvier 1944. Entretemps, ses camarades de combat ont tenté de le libérer de force, mais ils sont trahis par un même indicateur, celui qui fait tomber le réseau royaliste Défense de la France qui se réunissait au 64 de la rue Bonaparte, à quelques mètres de l’endroit où nous sommes.

Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,
A l’épicentre du 6ème, tout près de la rue Bonaparte, mais aussi à proximité des lieux emblématiques de l’occupation ou de la Résistance : qu’il s’agisse de la prison militaire du Cherche-Midi, de l’Hôtel Lutetia occupé ou du 48 rue du Four -siège de la 1ère réunion du Conseil National de la Résistance-, il est juste de rendre hommage à l’action et au courage de Jacques et de Mireille RENOUVIN.

C’est que tous ensemble, nous faisons aujourd’hui.

Je vous remercie de votre présence.

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