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Conseil de Paris : mon intervention du 15/12/14 sur le budget Éducation

Parmi les attributions d’une collectivité territoriale, l’entretien et le fonctionnement des écoles, des collèges à Paris et des cités scolaires constituent normalement une des priorités municipales au même titre que la propreté ou l’entretien de la Voirie.

INTERVENTION DE JEAN-PIERRE LECOQ
A LA SEANCE DU CONSEIL DE PARIS DU LUNDI 15 DECEMBRE 2014
SUR LE BUDGET EDUCATION DE LA VILLE DE PARIS


Madame la Maire,

Parmi les attributions d’une collectivité territoriale, l’entretien et le fonctionnement des écoles, des collèges à Paris et des cités scolaires constituent normalement une des priorités municipales au même titre que la propreté ou l’entretien de la Voirie.

Or malheureusement nous allons voir que les contraintes budgétaires renforcées par le coût grandissant de la réforme dite des Rythmes scolaires pèsent de tout leur poids sur le budget Education de notre ville.

En une année, la masse salariale va passer de 344 M€ à 440 M€ sous l’effet de la création de près de 1 200 postes supplémentaires (dont 150 ASEM certes bien nécessaires°).
Ce coût supplémentaire vient alourdir une réforme qui fait quasiment l’unanimité contre elle et dont la suppression prochaine —je l’espère— ne fera que des heureux.

Contrairement à ce que vous disiez en commission — dont les documents projetés ne nous ont pas été fournis— nous arrivons à un coût net pour l’ARE— déduction faite des versements de la Caisse d’Allocations Familiales— de 42,3M€ en 2015 et non pas de
14 M€ !

Alors évidemment, ce surcoût, cette ponction a des effets directs tant pour le budget de fonctionnement que pour celui d’investissement.
Il n’épargne pas non plus les services annexes de l’enseignement qui recouvrent pour l’essentiel les dépenses de restauration qui stagnent alors qu’un audit de l’état des cuisines parisiennes s’impose et que la hausse des contributions des familles dans de nombreux arrondissements génèrent des rentrées d’argent.

Sur ce dernier point, ma collègue Alix BOUGERET reviendra mais à générer des tarifs de restauration aussi élevés que dans l’enseignement privé sous contrat d’association, vous prenez une lourde responsabilité : celle d’encourager les transferts d’élèves du public vers le privé.

Dans ce domaine sensible, les familles votent avec leurs pieds et personnellement je ne souhaite pas contribuer Madame la Maire à ce phénomène d’évitement de l’enseignement public à Paris.

Sur le plan de l’investissement, 2015 se présente en retrait sensible par rapport à 2014 avec 110 M€ prévus, un chiffre en baisse sensible par rapport à l’année antérieure (137 M€).

Sur ces 110M€, 78M€ sont affectés au 1er degré et seulement 28 M€ au second degré, ce qui est notoirement insuffisant vu la situation de nombreux collèges ce que vous reconnaissiez vous-mêmes.

Mais l’héritage ne peut plus être évoqué : cela fera bientôt 14 ans que votre majorité est aux commandes et force est de constater que les opérations de restructuration des collèges comme d’ailleurs des cités scolaires parisiennes sont au point mort.

En matière de constructions scolaires, Paris et la Région Ile- de-France ont ralenti considérablement leurs efforts d’investissement alors qu’il s’agit d’une de leurs attributions prioritaires.

Si l’on ajoute à cela, l’absence de refonte des formations sur laquelle l’Académie, la Région et la Ville — à travers ses lycées municipaux— auraient dû travailler de concert depuis 10 ans, on réalise que l’éducation n’est plus un des budgets prioritaires de la Ville ; il est malheureusement devenu une variable d’ajustement.

Asphyxiés par la montée en puissance de l’ARE, vous allez diminuer drastiquement le nombre de classes de découverte et en priver un bon nombre d’écoles de la Capitale, soi-disant au nom de la justice sociale.

En réalité, c’est tout le système éducatif parisien qui est sous tension et qui perd progressivement ses moyens.

Aussi en est-il du corps des professeurs de la Ville de Paris, dont l’existence même a été menacée par l’ARE et dont les effectifs diminuent régulièrement. (1)

Même les crédits dévolus aux fournitures scolaires sont en baisse de 240 000€.

Peut-être allez-vous demander au nom de votre justice sociale, à certains petits parisiens d’acheter leurs cahiers et des craies pour les tableaux.

La mauvaise gestion dont vous avez héritée vous conduit à des remises en cause drastiques accentuées par le coût de l’ARE.

Nous ne voterons pas ce budget en peau de chagrin qui sacrifie l’avenir et discrimine les petits Parisiens, selon leur lieu de résidence.

(1) ils sont passés de 854 à 777 entre 2007 et 2013.

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