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Conseil de Paris du 18 novembre : créer une filiale bancaire à 100 %, c’était faire courir au Crédit Municipal absolument tous les risques

Le Crédit Municipal de Paris a enregistré un résultat positif, après impôt de 4,2 M€ en 2013, il avait un résultat net de 5 M€ en 2012. Le CMP-Banque pour le même PNB affichait 7,6 M€ de pertes en 2012 et il affiche encore 5,7 M€ de pertes en 2013.
Les crédits, à partir du moment où ils deviennent douteux, doivent être provisionnés, et cela se traduit plus tard par des pertes, d’où la formule, « les crédits d’aujourd’hui font les provisions de demain et souvent les pertes d’après-demain ». Et bien nous y sommes et même si on le sait, tout bon dirigeant de banque a tendance à lisser ses résultats à la hausse comme à la baisse, on peut penser que toutes les pertes ne sont pas encore extériorisées.

Madame la Maire, mes chers collègues,

Est inscrit aujourd’hui à l’ordre du jour de notre conseil la communication annuelle sur l’activité et la situation financière du Crédit Municipal de Paris.

Vous oubliez d’ailleurs dans le titre de parler de sa filiale à 99,9 % CMP-Banque qui doit maintenant monopoliser votre attention et celle du Conseil de Paris.

Car, comme nous l’avions dit à plusieurs reprises et comme nous avions mis en garde votre prédécesseur, Bertrand DELANOË, lorsqu’il s’est entêté à doter d’une filiale bancaire le crédit Municipal de Paris, on ne s’improvise pas banquier.

On ne s’improvise pas banquier comme on l’a fait dans les dernières années alors que la crise des liquidités était déjà là. Votre prédécesseur a commis une très grave erreur qui se traduit maintenant depuis deux années par des pertes récurrentes qui fragilisent, comme je vais malheureusement le démontrer, la situation du crédit Municipal de Paris.

Elle le fragilise parce que c’est une filiale à presque 100 %, il n’y a pas d’autres actionnaires. Ce qui veut dire que les pertes du CMP-Banque doivent être assumées par le Crédit Municipal de Paris et le Crédit Municipal de Paris étant présidé, de par ses statuts, par la Maire de Paris ; si une opération de recapitalisation du crédit Municipal de Paris devait avoir lieu, ce serait la Ville de Paris qui devrait l’assurer.

J’ajoute, Madame La Maire et je vous le dis sans aucune volonté d’être désagréable en raison de la loi bancaire de 1984, vous êtes comme votre prédécesseur, dirigeant de banque (et vous l’êtes encore plus depuis la création du CMP-Banque) ce qui veut dire que vous êtes pénalement responsable comme tous les dirigeants de banque.

Vous voyez donc, Mes Chers Collègues, que la situation n’est pas rose, elle est même rouge écarlate et qu’il faut maintenant réagir.

Je n’ai plus l’honneur de siéger au COS du Crédit Municipal, comme notamment mon Collègue et ami, Jean-François LEGARET mais je voulais en tant qu’ancien de la profession bancaire, solennellement attirer votre attention, Madame la Maire, Monsieur Julien BARGETON et l’ensemble des membres de notre assemblée sur les risques que votre prédécesseur a fait prendre dans cette affaire au Crédit Municipal et à la Ville de Paris.

Il n’est pas trop tard, bien évidemment, pour réagir et le pire serait de ne pas réagir et de ne pas réagir vite : mieux vaut couper une branche malade que laisser le corps entier gangréné par les difficultés.

Alors, je vais essayer même si la communication est peu étayée même si nous n’avons pas le minimum que nous aurions pu espérer, c’est-à-dire des tableaux comparatifs, tant pour le Crédit Municipal de Paris que pour le CMP-Banque, d’être pédagogique.

Je noterais l’importance du CMP-Banque puisque le produit bancaire est d’environ 20 M€, le Crédit Municipal de Paris ayant un PNB du même ordre d’environ 20 M€.

Le Crédit Municipal de Paris a enregistré un résultat positif, après impôt de 4,2 M€ en 2013, il avait un résultat net de 5 M€ en 2012.

Le CMP-Banque pour le même PNB affichait 7,6 M€ de pertes en 2012 et il affiche encore 5,7 M€ de pertes en 2013.

Je me limite volontairement à ces deux chiffres, l’un le PNB qui représente l’activité de l’entité et le résultat net qui représente le résultat déclaratif, sur lequel est basé ensuite le calcul de l’impôt sur les sociétés. Il est bien évident qu’entre ces deux niveaux, vous avez énormément de possibilité par le jeu des provisions notamment d’améliorer le résultat ou de minimiser les pertes.

Mais le plus grave dans cette affaire et nous l’avions dit à votre prédécesseur, c’est que, à partir du moment où on se met à faire de la banque dans un contexte bancaire français qui est très concurrentiel, on ne peut qu’aboutir à l’échec.

C’est pour cela qu’il aurait mieux valu à partir du moment où on voulait aller sur certains créneaux, utiliser des entités existantes ou nouer des partenariats pour offrir aux Parisiens et aux Parisiennes, en tout cas aux cibles de Parisiens auxquels nous souhaitions nous adresser, les produits correspondants. C’était la bonne idée à mettre en œuvre.

Mais créer, encore une fois je le répète, une filiale bancaire à 100 %, c’était faire courir au crédit Municipal absolument tous les risques.

Les crédits, à partir du moment où ils deviennent douteux, doivent être provisionnés, et cela se traduit plus tard par des pertes, d’où la formule, « les crédits d’aujourd’hui font les provisions de demain et souvent les pertes d’après-demain ». Et bien nous y sommes et même si on le sait, tout bon dirigeant de banque a tendance à lisser ses résultats à la hausse comme à la baisse, on peut penser que toutes les pertes ne sont pas encore extériorisées.

D’où notre souhait que vous puissiez présenter le plus rapidement possible à notre Assemblée un plan cohérent de projection sur les deux ou trois prochaines années des activités du Crédit Municipal de Paris. Que vous nous disiez clairement si vous décidez d’arrêter cette activité bancaire ou si vous la poursuivez et dans quel contexte et avec quel périmètre.
Intervention de Jean-Pierre Lecoq du 18 novembre 2014

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