haut de page
agrandir le texte retrecir le texte imprimer article envoyer à un ami

Une cérémonie émouvante de dévoilement de la plaque commémorative d’Henri Frager fusillé le 5 octobre 1944

Henri FRAGER, architecte, devient en 1943 Chef du réseau « DONKEYMAN » avec le nom de guerre de « Jean-Marie ». Il doit développer des groupes de Résistants dans l’Yonne et sur la Côte d’Azur et habitait 13 boulevard du Montparnasse.

Mon allocution à la cérémonie de dévoilement de la plaque commémorative en hommage à Henri FRAGER du vendredi 20 juin 2014 à 11 heures, 13 boulevard du Montparnasse à Paris 6ème .

Madame la Maire, Mesdames et Messieurs les Présidents d’association,
Monsieur le Directeur de l’Office des Anciens Combattants, Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis aujourd’hui devant cet immeuble du 13 boulevard du Montparnasse où Henri FRAGER dit « Jean-Marie » son nom de guerre, habita avant de prendre les armes dès 1941.

En réalité, comme beaucoup de Français -mais ils étaient peu nombreux si on les rapporte à l’ensemble de la population française- c’est dès 1940 qu’il décide de s’engager dans la Résistance et qu’il veut gagner Londres en passant par l’Algérie.

Henri FRAGER est architecte dans la vie civile. Né en 1897, il a été mobilisé pendant la Première Guerre mondiale et a combattu dans l’Infanterie. Il a fait l’objet de nombreuses citations.

En 1939, à l’âge de 42 ans, il est mobilisé (au 372ème Régiment d’Infanterie), et comme tant de Français, il connaît cette drôle de guerre qui va en quelques semaines, complètement déstabiliser l’Armée française et causer la mort de dizaines de milliers de soldats.

Courageux, déterminé, Henri FRAGER prend contact en 1941 à Antibes avec André GIRARD qui jouera un grand rôle au départ dans sa volonté d’intégrer la Résistance.

André GIRARD le recrute comme Officier d’Etat Major du réseau CARTE. Il a comme pseudonyme « Louba » ou « Commandant Paul ». Il prend contact avec les services britanniques le « SOE » qui le font venir à Londres, et le
3 juin 1942, il embarque à bord d’un chalutier polonais qui l’emmène à Gibraltar d’où il peut rejoindre Londres par avion.

En juillet 1942, nous sommes au plus profond de la nuit noire qui a recouvert l’Europe, et beaucoup de Français à ce moment là pensent que la victoire des puissances de l’axe est totalement acquise. L’Angleterre apparaît comme une île isolée face à une Europe totalement occupée par les nazis.

A Londres, il rencontre les responsables du SOE et leur explique les besoins du réseau CARTE en moyens de communication et en armement. Il effectue sa première mission en France au mois de juillet. Il débarque au Cap d’Antibes et le réseau développe ses activités.

Malheureusement, comme cela arriva souvent, des dissensions importantes naissent entre André GIRARD et Henri FRAGER.

Entretemps, les Allemands ont envahi la zone libre et la situation du réseau CARTE devient beaucoup plus difficile. Dans les mois qui suivent, Henri FRAGER effectue des allers-retours à Londres au cours desquels les services britanniques décident, devant l’antagonisme entre FRAGER et GIRARD, de diviser le réseau CARTE en 3 grandes zones : le réseau Nord confié à Henri FRAGER de la Normandie à la Côte d’Or, la zone Centre incluant la Haute Savoie confiée à un agent anglais Peter CHURCHILL et la zone Sud confiée à un autre membre du réseau.

Au mois d’avril, les premières arrestations commencent. Manifestement le réseau a été pénétré et à ce moment là, le réseau CARTE et Henri FRAGER connaîtront pendant plus d’un an, la difficulté de continuer à faire vivre le réseau tout en étant constamment sur leur garde.

Entretemps, les Allemands connaissent des déboires en Russie et la défaite de Stalingrad sonne à beaucoup de Français comme le début de la fin. Les forces d’occupation allemandes en France renforcent alors leur lutte contre les réseaux de résistance et tentent de les annihiler.

Henri FRAGER devient en 1943 Chef du réseau « DONKEYMAN »avec le nom de guerre de « Jean-Marie ». Il doit développer des groupes de Résistants dans l’Yonne et sur la Côte d’Azur.

Tout au long de cette année 1944, Henri FRAGER avec ses hommes vont initier des actions de sabotage et de résistance dans la perspective du Débarquement qui est attendu par tous les réseaux de résistance.

Personne ne sait où il interviendra, mais tout le monde est conscient qu’il sera un élément essentiel de la reconquête de l’Europe. Les réseaux de résistance vont jouer un rôle essentiel et Henri FRAGER et ses hommes y participent pleinement. Ils sabotent une usine de cellophane à Mantes dans les Yvelines (un constat d’huissiers des dégâts et des photographies sont envoyés à Londres).

Entre juin et août 1944, pendant que les troupes alliées débarquent, ses groupes recevront 35 opérations parachutées ce qui prouve l’intensité de ses engagements.

Malheureusement, trahi, Henri FRAGER est arrêté par le nazi Hugo Bleicher le 8 août 1944. Celui là même qui a arrêté dès 1943, Peter CHURCHILL et Odette SANSOM, à Saint-Jorioz.

En 1944, c’est effectivement l’année terrible pour les réseaux de résistance. Alors que les armées alliées avancent en France et que les liaisons avec l’Allemagne sont de plus en plus difficiles, il est déporté au camp de Buchenwald où les nazis le fusilleront le 5 octobre 1944 comme beaucoup d’agents du SOE assassinés entre septembre 1944 et mars 1945, date de libération du camp.

Henri FRAGER est né dans le 6ème arrondissement il y a vécu une partie de sa vie et il est normal que nous lui rendions hommage aujourd’hui.
Dans cet arrondissement qui fut l’arrondissement de la Résistance par le nombre de personnes qui y participèrent, mais qui abrita de nombreuses garnisons allemandes : à la prison militaire du Cherche-Midi ou d’Estienne d’Orves et des centaines de Résistants furent emprisonnés avant d’être fusillés au Mont Valérien. Au Lutetia qui, avant d’accueillir les déportés, abrita les services du contre espionnage allemand.

Enfin, cet immeuble du 48 rue du Four où maintenant chaque année nous célébrons la première réunion du CNR qui se tint en mai 1943 et qui fut présidée par Jean MOULIN. Son arrestation à Caluire l’empêcha de continuer à présider cette instance dont sont issues, vous le savez Mesdames et Messieurs, les grandes réformes sociales et politiques qui forgèrent l’après-guerre en France.

Honneur à Henri FRAGER, honneur à ceux qui l’entourèrent et qui ont combattu pour la libération de la France.

Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Derniers articles
Non à la fusion des arrondissements du centre Vœux de Jean-Pierre Lecoq aux Personnalités du 6e Commémoration du Centenaire de l’Armistice Communiqué de presse : il faut enfin assurer le service d’accueil dans les écoles Le Maire du 6e se mobilise pour sauver l’Académie de la Grande Chaumière L’évolution du statut de Paris passe par les Mairies d’arrondissement
A propos de ce blog | Mentions légales | Plan du site
Liens
Sénat Ville de Paris Les Républicains Paris Mairie du 6e arrondissement Les archives de Notre 6ème Groupe Les Républicains et Indépendants Conseil de Paris
Mots-clefs