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Changements à l’UMP parisienne : trois questions à Jean-Pierre Lecoq
1. Pour quelles raisons avez-vous accepté de prendre la responsabilité de délégué fédéral de l’UMP à Paris?
Jean-François COPÉ — que je connais depuis longtemps, c’est un ami — m’a demandé de prendre cette nouvelle fonction que j’exercerai avec Catherine DUMAS, Conseillère de Paris (17e), ancien Sénateur et Vincent ROGER, Conseiller de Paris et Conseiller Régional. Tous trois, nous avons repris les fonctions et les pouvoirs du Secrétaire départemental sortant.
Il nous appartient de concert et avec l’aide des sept secrétaires départementaux adjoints (1), de renforcer l’action de l’UMP à Paris dans la perspective des deux scrutins majeurs du 1er semestre 2012 : l’élection présidentielle des dimanches 22 avril et 6 mai et les élections législatives des 10 et 17 juin.
2) Quelle situation trouvez-vous à Paris ?
Une situation difficile mais pas désespérée. Difficile parce que nous sommes dans l’opposition depuis 10 ans. Après avoir perdu de peu, en 2001, contraignant le Maire de Paris à une alliance forcée avec les écologistes. Celui-ci s’est facilement fait réélire en 2008 en obtenant la majorité des suffrages et en se dégageant de l’emprise des écologistes.
Si nous avons pu conserver nos huit mairies d’arrondissement UMP, nous sommes fragilisés dans trois ou quatre d’entre elles.
Aussi et sans méconnaître le travail accompli par l’équipe précédente, il est donc temps de réagir et le mandat donné par Jean-François COPÉ est clair : il faut enrayer la spirale de l’échec et préparer l’avenir, d’autant plus, nous le ressentons, que les Parisiens commencent à ouvrir les yeux sur la gestion DELANOË.
3°) Dans ce contexte, quels sont vos objectifs pour ces prochains mois ?
Relancer la machine UMP, développer notre action dans les arrondissements où nous sommes peu présents, entamer une campagne de communication propre à la capitale.
Parallèlement, retravailler avec nos amis centristes, relancer et amplifier le dialogue avec les acteurs locaux, bref, se mettre en position de reconquête, en redonnant espoir à nos militants et à notre électorat trop souvent délaissé dans certains arrondissements.
L’élection présidentielle est enfin un formidable tremplin et peut nous permettre de démultiplier nos efforts dans toute la Capitale.
(1) Florence BERTHOUT
Pierre-Yves BOURNAZEL
Céline BOULAY-ESPERONNIER
Delphine BURKI
Emmanuel CALDAGUÈS
Jean-Baptiste OLIVIER
Claude Annick TISSOT
Voies sur berges : « Un projet qui n’a pas lieu d’être avant l’heure »
INTERVENTION DE JEAN-PIERRE LECOQ A LA SEANCE DU CONSEIL DE PARIS DU MARDI 8 FEVRIER 2011
Monsieur le Maire
Mes chers Collègues,
Avec le projet que vous nous présentez aujourd’hui assorti du bilan de la concertation, vous vous êtes surpassés dans tous les domaines où vous excellez, c’est-à-dire ceux d’une communication boursouflée et d’une pseudo-concertation. Rappelons tout d’abord que les voies sur berges sont restées en 2001 sous la responsabilité préfectorale alors que la quasi-totalité de la voirie parisienne passait sous votre responsabilité. La Préfecture de Police en a gardé le contrôle en raison de leur caractère stratégique de liaison transversale et de leur connexion au réseau autoroutier et de voies rapides franciliens.
A travers ce projet, vous n’hésitez pas à faire fie de cette réalité géographique et réglementaire en proposant un projet d’aménagement ludique dont les conséquences multiples sont manifestement sous-estimées.
Premièrement, reprenant les méthodes de vos alliés verts, vous n’hésitez pas à afficher des données fantaisistes en matière de temps de parcours supplémentaires, de reports de circulation et de pollution.
Enfin qui peut croire que les temps de parcours supplémentaires se limiteront à 6 minutes entre la gare d’Austerlitz et le Pont de Bir-Hakeim comme vous osez le prétendre dans votre projet ? Nous avons vu fin décembre —lorsque la crue de la Seine a submergé les quais Rive Gauche— que la réalité était toute autre : en pleine période de vacances, le boulevard Saint-Germain était totalement saturé et les embouteillages comme souvent remontaient jusqu’au Pont Alexandre 3.
Alors que les études internationales montrent que Paris est une des villes les plus embouteillées du monde, les multiples travaux sur le réseau francilien (notamment sur les tunnels) vont encore compliquer la donne.
Vous n’hésitez pas à concevoir un projet qui va aggraver dramatiquement cette situation.
Lorsque dans 15 ou 20 ans, les progrès réalisés en matière de transport de banlieue à banlieue, lorsque le métro du Grand Paris sera en service et permettra à des millions de personnes d’éviter la Capitale, alors le projet d’aménagement voire de suppression de la circulation sur les berges de la Seine sera pertinent. C’est d’ailleurs ce que vous avez répondu systématiquement aux Verts pendant la première mandature lorsqu’ils vous avaient proposé à plusieurs reprises cette idée.
Comme vous, nous ne sommes pas défavorables à un aménagement raisonnable et réversible qui pourrait être limité en fonction de la saison voire à l’intérieur de la journée.
En revanche, l’aménagement définitif que vous proposez n’est pas acceptable pour toutes les raisons exposées. Parmi elles, permettez-moi d’évoquer l’insécurité qui risque de s’emparer de cette vaste zone allant du Musée d’Orsay jusqu’aux abords de la Tour Eiffel.
Alors que nous sortons avec lenteur d’une période hivernale qui a commencé en novembre, il est évident que fort peu nombreux seront les usagers des berges aménagées entre les mois d’octobre et d’avril.
En revanche, nous risquons certains soirs et notamment les vendredi et samedi, d’attirer des personnes désoeuvrées et alcoolisées qui créeront un foyer d’insécurité permanent lors de la seconde partie de la nuit.
La situation que nous connaissons à partir du printemps sur la Passerelle des Arts justifie cette analyse.
Vous comprendrez donc, Monsieur le Maire, qu’au terme de mon intervention, je me prononce en faveur d’une expérimentation de la fermeture des berges, expérimentation aisée à mettre en oeuvre mais qui devra être d’une durée suffisante pour apprécier pleinement les mesures de compensation indispensables à prendre aussi bien rue de Rivoli que boulevard Saint-Germain.
Intervention sur le logement au Conseil de Paris
Séance du Conseil de Paris du 15 novembre 2010
Monsieur le Maire, mes Chers Collègues
Le débat que nous avons aujourd’hui sur les problèmes du logement à Paris et sur le nouveau PLH à mettre en œuvre, ne se conçoit pas si ne sont pas rappelés à cette occasion un certain nombre de faits et de vérités qui caractérisent la situation dramatique que nous connaissons aujourd’hui.
Si chacun a en mémoire les dimensions réduites du territoire municipal et la forte densité qui le caractérise, des faits nouveaux sont apparus au cours de la dernière décennie, des faits et des chiffres qui sont directement imputables à la politique du logement que vous mettez en œuvre à Paris.
On rappellera tout d’abord le nombre de demandeurs de logement (120 000) qui n’a jamais été aussi important depuis 2002. Ce chiffre prouve qu’il est impératif que l’effort de construction soit maximal tout en étant diversifié pour répondre à l’hétérogénéité de la demande. Or, Monsieur le Maire, vous ne construisez que fort peu et par votre politique d’acquisition d’immeubles destinés à être conventionnés, vous poussez les prix à la hausse tout en poussant une partie des classes moyennes à la rue.
Les chiffres sont implacables : depuis 2001, la construction de logements privés neufs s’est tarie : Les promoteurs privés ont tous les uns après les autres déserté Paris, trouvant dans les communes de la proche couronne, les charges foncières et les autorisations indispensables pour leurs opérations.
Par votre volonté idéologique de vouloir mixer sans retenue tous les publics, vous avez cassé la construction privée à Paris tout en créant dans un certain nombre de quartiers, des situations difficiles dont la résolution dépassera largement votre mandat de Maire.
S’agissant de la hausse des prix, votre bilan est terrifiant : alors qu’au 2ème trimestre 2000, le prix moyen du m² à Paris était de 3 100 €/m², il est passé au 2ème trimestre 2010 à plus de 7 000 €/m², soit un coefficient multiplicateur de 2,3 (1). Rappelons qu’au cours de la décennie précédente (de 1990 à 2000), le prix du m² à Paris n’avait quasiment pas bougé. Vous ne pouvez en aucun cas vous en laver les mains : d’abord parce que vous avez été Maire durant toute cette période et surtout parce que votre politique a directement contribué à cette hausse des prix démesurée.
- Premièrement, vous avez insuffisamment construit : moins d’un logement social loué sur deux a été réellement construit et encore ce chiffre intègre les réhabilitations lourdes que vous assimilez à des constructions de nouveaux logements systématiquement donc abusivement.
- Deuxièmement, vous avez acheté des immeubles que vous mettez des années à transformer en logements sociaux. Chacun d’entre nous avons dans nos arrondissements, des immeubles achetés par PARIS HABITAT et dont la situation n’a pas bougé d’un iota depuis plusieurs années !
Cette politique de logement contribue directement à la hausse des prix à Paris : non seulement en construisant peu, vous n’accroissez que très faiblement l’offre de logements mais surtout par votre politique d’acquisition et de transformation en logements sociaux, d’immeubles privés voués antérieurement à la location, vous accroissez les prix tout en substituant de nouvelles populations aux classes moyennes qui y vivaient.
Enfin, cerise sur le gâteau, dans le 4e comme dans le 6e arrondissement, vous persistez à vendre à prix d’or, les anciens logements du Domaine Privé poussant ainsi les prix à la hausse dans ces deux arrondissements et dans tous les arrondissements du Centre.
Les acteurs qui me succèderont reviendront sur les autres aspects critiquables de votre politique qu’il s’agisse du mauvais entretien du parc social ou de l’opacité des attributions.
Pour ma part, j’achèverai mon propos en vous incitant à voter mes Chers Collègues, le vœu n°26 déposé par le groupe UMPPA qui permettrait s’il était adopté de contrebattre les effets néfastes de votre politique, en relançant significativement la construction à Paris.
(1) à titre d’exemple, dans votre arrondissement, le prix du m² au 2ème trimestre 2000 était de 2 140 €. Il est de 5 900 € du m² en 2010.
Votre arrondissement, votre terre d’élection est le champion parisien de la hausse des prix avec un coefficient multiplicateur de 2,75 en une décennie.
